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14 octobre 2007 7 14 /10 /octobre /2007 13:39
 Jussie-1.JPG

Si la pêche en France compte de nombreux ennemis, il en est un qui représente une menace ultime pour bon nombre de nos lots de pêche. Originaire d’Amérique du sud et belle et sournoise comme un cheval de Troie, la Jussie est apparue d’abord dans le sud de la France dans les années 1820-1830 par le biais des aquariophiles et depuis lors n’a cessé de progresser dans son invasion. Avec la faculté de pouvoir doubler sa masse tout les 15 à 70 jours, mètre par mètre, kilomètre après kilomètre, elle s’étend avec une rapidité terrifiante, détruisant tout sur son passage. Sa densité est telle, que les espèces autochtones disparaissent étouffées par manque de luminosité. Les poissons et autres habitants naturels du milieu ne parviennent plus à s’y mouvoir, et lorsqu’elle arrive à couvrir totalement le cours d’eau et que la chaleur s’en mêle entraînant une baisse du tôt d’oxygène en dessous de 2 mg/l, aucun poisson ne survit.

Jussie-2.JPG
L'ARZ (cliquez sur la photo pour agrandir)

Les milieux peu profonds sont rapidement colonisés, les cours d’eau étroits totalement recouverts, et sur les plans d’eau et les rivières plus larges et plus profondes, elle envahit la berge qu’elle colonise sur quelques mètres rendant impossible toute action de pêche du bord.
Pour abréger cette description, rajoutons que grâce à ses racines pouvant atteindre près de trois mètres et son mode de reproduction par bouturage, la plante est rapide et aux dires des scientifiques, pratiquement indestructible.
La seule chance de la contenir, et parfois de parvenir à s’en débarrasser définitivement est d’intervenir rapidement dès son apparition tant qu’elle est encore localisée.

Rappelons quand même que depuis le 2 mai 2007, un arrêté officialise l’interdiction de son commerce, et de son utilisation dans les milieux naturels. Il aura donc fallu près de deux siècles et tous les dégâts que l’on connaît aujourd'hui au niveau national, pour interdire sa commercialisation en France.

Concernant nos parcours de pêche, elle est présente sur le Mortier de Glenac depuis plusieurs années, sur l’ARZ en deuxième catégorie depuis 4 ou 5 ans, et sur l’Oust (l’année dernière en aval de l’embouchure de l’ARZ et cette année en amont, avec une bande de deux mètres tout le long.)

Jussie-3.JPG
L'OUST en amont de l'ARZ (cliquez sur la photo pour agrandir)

Le constat est consternant.

L’ARZ, qui était hier une magnifique rivière à carnassiers est aujourd’hui impêchable sur pratiquement la totalité de la deuxième catégorie.
Quant à l’OUST, le cauchemar est déjà enclenché, et beaucoup de hot spots autrefois surpêchés sont maintenant abandonnés et désertés.

Cette plante nous a déclaré la guerre, et l’immobilisme des instances, de la région et des politiques en place est totalement inacceptable.

Les partis en charge du problème lancent des études, financent des suivis de la progression de la plante sur le territoire afin de donner l’illusion de s’occuper de la situation et de la maîtriser, au final ils interviennent généralement beaucoup trop tard. Ces interventions devenues coûteuses par les proportions concédées (51 et 64 €/tonne de biomasse fraîche arrachée (± 29) pour l’arrachage mécanique. (source SNPN.com)), sont effectuées sur des parties tape à l’œil, c'est à dire  généralement les parties navigables ou touristiques des cours d’eau. Le sort d’une rivière comme l’ARZ n’intéresse personne.

Jussie-4.JPG
L'arrachage mécanique (cliquez sur la photo pour agrandir)

Il est évident qu’aujourd’hui tous les moyens (et il y en a !) sont mis à la gestion et a l’entretien des voies navigables, les autres rivières n’existent pas.
Un bateau c’est du tourisme (et qui contribue a la prolifération des herbes par ses déplacements !) donc forcément cela a de l’intérêt.

Et un pêcheur c’est quoi ?
Et bien c’est aussi du tourisme, avec des déplacements, des achats de matériel, de nuitées et de restauration, et tout cela va à l’économie locale, ce n’est donc pas quantité négligeable.

À la vitesse où vont les choses, nos parcours ne seront bientôt plus qu’un souvenir pour tous les pêcheurs du bord.

Une seule question subsiste :
Peut-on se désoler devant la baisse du nombre de cartes vendues en France, lancer de grandes campagnes publicitaires pour se rassurer, et continuer à fermer les yeux sur les causes réelles de cet effondrement ?
N’oublions pas que pour pratiquer notre loisir nous devons payer, mais nous payons pour un parcours, si un certain pourcentage de ce parcours n’est plus pêchable il serait normal de déduire du prix du permis de pêche la somme équivalente.

Après tout si notre AAPPMA gardait ce trop perçu, cela pourrait constituer un début de financement pour nous permettre de prendre les choses en main, il va falloir y réfléchir.



Bien entendu si vous le souhaitez, vous pouvez réagir concernant cet article sur notre forum dans la rubrique "les grandes causes".

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Published by P.Quily
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